"Nous..."
Nous nous sommes plus par hasard
Je paressais comme un lézard
Comme un lézard
A moi qui n'aimais ni Mozart
Tu as donné le goût des arts
Le gout des arts
Tu as perturbé mon sommeil
Tu fis sonner tous les réveils
Tous les réveils
Tu m'as innondé de soleil
Depuis les yeux jusqu'aux orteils
Jusqu'aux orteils
Moi qui étais un brontosaure
J'ai survécu aux météores
Aux météores
Et me voilà voiles dehors
Tu as brodé mes rêves d'or
Mes rêves d'or
Tu as dépoussiéré mon être
Tu as ouvert chaque fenêtre
Chaque fenêtre
Tu es celle qui m'a fait naître
Aimer pourtant sans se soumettre
Sans se soumettre
"Combien d'amours..."
Combien d'amours sous les décombres
Quel est leur nombre?
Amers et lourds,sans fin utile
Combien sont-ils?
Un coeur en pleurs sur l'autre rive
A la dérive
N'as plus le coeur à l'espérance
Tout lui est rance
Hagard,souffrant,errant,sans terre
Si solitaire
Que même sont les grains de sable
Inconsolables
Pourvu qu'on l'aime et qu'on le plaigne
Ce coeur qui saigne
Régénéré,saura renaître
Au bonheur d'être
Oh!mon amour,dis mois encore
Que tu m'adores
Et pour toujours tous deux ensembles
Nous irons l'amble
"Je suis homme..."
Je suis homme alors je chante
car je suis né pour chanter
et je grandis en moi-même
en chantant la liberté
la liberté que je chante
la tendre nécessité
et la lutte que je dois consciemment exalter
Je suis homme j'édifie
mon présent inattaquable
ma réelle liberté qui est plus que ce qu'elle est
la légitime liberté
de qui s'invente à la paix
et la joie qui est un poing dressé dans l'immensité
Je suis homme je me dois
d'exalter le quotidien
jusqu'à l'unique vérité
la joie et la liberté
Poème aux bergers
je n'ai jamais rien écrit
une femme à sa fenêtre(ou un enfant aux cheveux jaunes)
déchire une distance de ventres délirants
de là où je me vois semblable à tant de reves
je me couperai la main droite
je me couperai les cheveux
entre les chemins qui défaillent et les grands voyageurs qui viennent d'une ville
j'ai vu les montagnes s'ouvrir sous la voix des bergers
et les garçons tremblaient de désir dans leur lit
plus loin sous le soleil
des cris rouges sur les murs ignoraient la rumeur grandissante des morts
on mourait en serrant un poème dans son poing
à l'heure où les enfants ruissèlent dans les coins
quel effort pour mourir sans se croire inutile
qund une fille attend à la lisière d'un rire
mais savoir son destin avec les yeux ouverts
ne pas serrer les dents quand on se sait tout nu face à la peur concrête
les rêveurs d'un autre temps
essuyaient leur angoisse dans un sommeil d'argile
or les bergers qu'un amour invisible assassine
dessinent en pleurant une fleur sur leurs lèvres
l'un d'entre eux s'épuisait dans sa jeunesse d'herbe
à graver sur la paume ouverte du désir
des noms d'adolescents qu'il brûlait en silence
quand la lune de neige se surprit à l'aimer
Endymion le berger aux epaules de nacre et aux cheveux de feu
s'endormit sur sa flute qui jadis incendiaient le linges des demoiselles
j'ai fait ce rêve hier et demain
la nuit est une vaste plaine pour la mémoire d'un homme
quand les lèvres familières
ressemblent à des cris insignifiants qui nous font violence
qui appeler
quel dieu invoquer
s'il faut écrire sa vie sur quel papier de sueurs
une femme(ou un enfant)
referment en silence les fenêtre nocturnes
c'est alors que joublierai les noms
Endymion ou narcisse
beaux parmi les oliviers et les fontaines fleuris
ma révolte est impure parce que pauvre de sang
car s'il fallait chanter à veine ouverte
le ruisseau de mon corps ignorerait la mer
voila pourquoi je dis que je n'ai jamais rien écrit
ni aujourd'hui ni jamais
jamais
"Dans la nuit..."
Dans la nuit du rêve et de l'homme
Je franchirai l'océan
Algues et coraux dans les yeux
Je franchirai l'océan
Dans l'aube-téquila blanche
Je franchirai l'océan
Je franchirai l'océan
Au son des trompettes du sud
Dans les chaudes couleurs des panchos
Quand les chiens sont vendus au marché
Je franchirai l'océan
Jose Clemente Orozco
Dans la grise clarté des toiles
Pour couper la queue des lézards
Chili poète tué
Par ta voix de pierre Amérique
Je franchirai l'océan
Sur le bateau gris en papier
De Nicolas Guillèn poète
Je franchirai l'océan
Par Pablo devenu pierre
Terre vase paupière
Je franchirai l'océan
Par les mains et les yeux de mon rêve
Par le rhytme salsa de mes veines
Je franchirai l'océan
Je franchirai l'océan
J'ai toujours su que je franchirai l'océan
"Trois oies voient..."
Trois oies voient
Trois noix noires.
Une noix pour une oie
Quelle joie !
Les trois oies sont en soie
Et les noix en papier
Magie d'oie et doigt de fée.
"La lune blanche..."
La lune blanche
Veille l'enfant
Qui là-bas joue
Elle se penche
Et doucement
Baise sa joue.
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