Poèmes de Florence-Suzanne

 

La lampe... Quand pour toi tout n'est que noirceur Quand de ta vie surgis la peur Quand ta vie est soudain si vide Que tout autour devient stupide Quand même tes valeurs tombent Et que tes plaies se font profondes Regardes bien tout au fond de ton âme Gardes en ta lampe une petite flamme Quand tous les jours te semblent gris Quand t'as perdu amours, amis Quand de l'argent tu es l'esclave Quand tu te fis aux bavardages Quand la joie est devenue peine Quand la souffrance devient la haine Regardes bien tout au fond de ton coeur Gardes allumée une petite lueur Quand tu n'as plus de quoi payer Quand t'as rien à faire d'un foyer Quand même tes yeux n'ont plus de larmes Quand de ta vie tu vois qu'un drame Quand tu t'crois au bout du rouleau Quand les vautours veulent ta peau Regardes bien au bout du chemin N'oublies pas de tendre ta main Ton destin peut-être va changer Grâce à cette lampe bien allumée....


Le Roi des dents Le Roi des dents, nous l'avons ainsi baptisé Etait dentiste comme vous pouvez le deviner Il régnait sur son royaume La rue Mont-Royal et sur le Plateau Comme si ces lieux étaient sa maison Ses sujets, c'était ses patients Tous colorés et plus différents Les uns que les autres Son bras droit, c'était Lise, la Lionne Son assistante dévouée Depuis nombre et nombre d'années Son règne a duré plusieurs décennies C'était sa vie C'était son quartier Nous quand on allait visiter le Roi C'était un peu comme une fête Vous allez dire ils sont fous Ne vous trompez pas on parle bien du dentiste Mais chez lui c'était pas pareil C'était même différent des autres dentistes Chez lui, le Roi des dentistes On se sentait dans un monde à part Un monde un peu révolu Un monde où le modernisme et la technologie N'avait pas réussi à entrer totalement Il y avait résistance en son royaume! C'était la fête parce que l'on savait Que ce qui se passait chez le Roi On ne le verrait nulle part ailleurs De longues conversations à sens unique La belle musique classique à la radio Parfois même des disputes en direct avec la Lionne Et puis on en profitait toujours Pour aller fouiner dans les boutiques de la rue Mont-Royal Ou dans les belles librairies de la rue St-Denis On a même découvert un super resto portugais Là où le poisson et le porto font les délices du palais Le restaurant "Vintage" tout près de chez le Roi Les enfants aussi aimaient bien aller chez le Roi Malgré les traitements avec le pic Ils appréciaient de voir toutes ces maisons collées Et ces escaliers tournées en façade On en voit pas tellement chez nous Chez nous c'est la banlieue, c'est Ste-Dorothée C'est pas si loin chez nous Et pourtant c'est tout un monde de différences Le 16 janvier dernier, la Lionne m'a avisée De ne pas me rendre au rendez-vous Le Roi était souffrant, il devait voir le docteur Sur le coup ça m'a inquiété Et puis je me suis dit Il est le Roi, il va s'en sortir Il est fort, et vive le Roi! Et puis vendredi dernier, le 22 février Gilles tu nous a joué un tour Oh je sais tu aimais tant rire Le 22 février le Roi s'en est allé Il a rejoint le ciel, c'est une partie de nos vies Qui s'en est allée avec lui Et il vit maintenant dans les étoiles J'espère qu'il y a des fleurs dans le ciel Pour que tu puisses réaliser ton rêve De jardiner et peindre les fleurs de ton jardin Salut Gilles! A la prochaine Nous t'aimons et ton souvenir restera ancré dans nos mémoires.


Poème dédié à la beauté de l'enfance... A l'âge de l'innocence... Cette innocence que l'on devrait retrouver de temps en temps Juste en prendre le temps... Les balançoires Et se balancer plus haut juste pour voir Pour aller plus haut, pour aperçevoir Et rire aux éclats, et va donc savoir Rêver de voler comme cet oiseau noir Et la nuit venue sous ton oreiller Rêver aux oiseaux, rêves malgré le soir Aux moments passés tout émerveillé Passes, passes l'été, sur ta balançoire Balances toi oh cher enfant A tout oublier et même le temps Et c'que disent les grands Oses surtout rêver Pour rêver à mieux et rêver de Dieu Rêves d'innocence, et puis d'insouciances Rêves pour voir les anges Et se balancer, A toucher le ciel A voir les étoiles, et mettre les voiles Et puis découvrir, que le temps d'un temps Dans tes yeux qui brillent, ce que fait le vent Le vent qui caresse tes joues, ton visage Et puis qui traverse océans et plages Rêver, rêver grand Et puis t'étourdir, pour ne pas vieillir Pour prendre le temps Le temps que ça dure Le temps que tu as le temps Et le temps que dure Le temps des balançoires


J'ai rêvé... Dans une autre vie, un autre siècle Toi et moi trésor nous nous connaissions Je portais jadis robe longue et ombrelle Et toi tu étais mon beau compagnon J'étais romantique et trop sensuelle Tu voulais toucher à mes cheveux longs Nous nous sommes aimés, bonheur éternel Corps et âmes, nous deux nous appartenions Doux serments d'amour proclamés au ciel D'amour infini, tendresse et passion Tu étais mon soleil et mon arc-en-ciel Moi ta poésie et douce chanson A toi amour infini


Douce poésie... Faite de chêne, tu occupes notre salle à dîner Tu es de même, que nous t'avions imaginée A une certaine époque ta texture Et ton style avaient fière allure Après quelques années De repas bien arrosés Table, que de choses tu as vues Et posées sur ton dessus Témoin de ces discussions amicales Et de ces fêtes à saveurs familiales Et que dire du bébé avec son gazouillis Quand venait l'temps de changer le pipi Et plus tard à ses heures d'école Les devoirs, les crayons et la colle Jeux de cartes transformés en châteaux Livres d'école pour l'apprentissage des mots Et du temps de la pâte à modeler Qui sous les doigts menus Devenait épées, et chevaliers Et transportait ses auteurs vers des contrées inconnues Et tous ces dessins Tous si beaux, si fins Aux yeux d'une mère attendrie Et ce petit roman composé De façon improvisée Souvenir d'une journée de ski Ou encore d'un auteur En devenir dans son coeur Ces histoires sorties de son imagination Que de fascinations! La table a vu passer au fil des jours Et s'inscrire dans son parcours On y remarque des petits sillons Marqués du temps pour de bon D'une plume ou d'un crayon Qui refusent de s'y déloger Et qui rappellent à mes yeux Une partie de la vie de mon foyer Qui constitue nos souvenirs tendres Comme témoin tu t'es laissée prendre Merci pour toutes les fois Où me reviennent ces petites joies Quand je pose mon regard sur toi ...


Comme une perle... Mon petit coeur, mon petit garçon Toi qui es une de mes raisons De vivre une vie de passions Tu es comme cette perle Qui sagement blottie dans sa coquille Quand soudain elle en déferle Emets dans nos yeux des reflets qui brillent Tu es et tu seras toujours Celui qui a le sens de la beauté Ton crayon et ta main de velours Nous l'ont si souvent prouvé Quand même tu aspires à suivre le vent Tu resteras mon amour, mon petit trésor Malgré les jours, malgré le temps Cette perle rare dans sa coquille qui dort


Tes premiers pas... Déjà tes premiers pas Et tu n'as que 10 mois Hier encore tu tenais dans nos mains Et buvais à mon sein Tout voir, tout découvrir Voilà ton seul désir L'mien s'rait que tu sois toujours là Bien blotti dans mes bras Je prends soudain conscience Qu'elle se termine ta petite enfance Va retrouver papa Va faire tes premiers pas


Tu es... Tu es la vague Je suis le sable Tu es la mer Je suis la plage Tu es mon trésor Je suis ton coquillage Si tu te fais vent Je serai buisson Et me laisserai bercer Au gré de ta direction Si tu te fais désert Je serai assoiffée Et dans tes yeux Je trouverai mon berger Si tu es soleil Je me laisserai réchauffer Si tu te fais lune Je deviendrai étoile Je serai ta musique Et toi ma plus belle chanson Je t'aime


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