Une inspiration de mon ami Laurent, mélange de ma vie et de mots sur mon métier, merci Laurent.
La Complainte du Carreleur
Ecoutez donc l'histoire de ce petit carreleur
Qui passait tout son temps toujours à ses travaux.
Lui qui voulait aux cartes pouvoir tirer le coeur
Voyait à chaque jour la même chose : carreaux.
De bon matin, sa femme, embrassait en douceur,
Partant à son métier, allant par monts, par vaux.
Pour finalement qu'un jour, elle déserte son coeur
Alors qu'il la croyait se tenir à carreaux.
Regrets tournaient en lui, toujours, heure après heure,
Plus envie de rien, et ce maudit boulot...
N'allait plus travailler qu'avec mauvais coeur ;
Elle l'avait trop blessé, et lui, sur le carreau.
Alors, le soir venu, solitude et rancoeur,
Comme s'il n'en avait pas encore vu de trop,
Sur son cahier de rimes, pour se vider le coeur,
Il remplissait encore des carreaux, des carreaux...
Avec Laurent, un soir, nous nous sommes mis à écrire un sonnet ensemble.
Nous avons fait les deux premiers quatrains ensemble, et les deux tercets chacun de notre côté.
Sa Version:
"Assis sur un ponton..."
Assis sur un ponton, je contemplais la vie, méditant sur ses vérités
L'écume à mes pieds doucement résonnait, emportant mes pensées
Au loin j'apercevais un pécheur trepignant sur sa frele embarcation
Il maudissait ce jour, se sentant bourreau de ses propres poissons.
D'avoir fait sa vie sur la mort d'autres êtres,
C'etait si dérisoire, comme un scrupule peut etre
Jadis il fut bercé par tant d'illusions mais sa vie est là
Il y fait face, sans audace, toujours las et empreint de pourquoi.
Et alors qu'il faisait tournoyer ses rets aux mailles serrées,
Je sentis sur moi aussi ce piège m'envelopper et se refermer,
Pris au piège comme ces poissons tentant de s'enfuir.
Le temps sur moi avait posé son filet, il était trop tard,
Les larmes doucement coulaient sur mes joues de vieillard,
Et je pleurais sur ma vie que je n'avais pu retenir.
Ma Version:
"Assis sur un ponton..."
Assis sur un ponton, je comtemplais la vie, méditant sur ses vérités.
L'écume à mes pieds doucement résonnait, emportant mes pensées.
Au loin j'apercevais un pêcheur trépignant sur sa frêle embarcation;
Il maudissait ce jour, se sentant bourreau de ses propres poissons,
D'avoir fait sa vie sur la mort d'autres êtres
C'était si dérisoire, comme un scrupule, peut-être.
Jadis, il fut bercé par tant d'illusions, mais sa vie est là
Il y fait face, sans audace, toujours las et empreint de pourquoi.
Seul, sur cette immense étendue, au calme apparent,
Alors que sous cette pellicule d'eau tout est vivant...
La vie règne dans le fond, la mort est-elle en surface?
Soudain, monte en moi l'envie irrésistible de le rejoindre;
Debout sur le ponton, un pas en avant, je ne peux plus attendre
Aux yeux de tous, j'étais parti, sans laisser une seule trace.
Laurent a eu une inspiration au sujet de mon site, la voici:
Poésie et Essais
Tu l'avais intitulé : "Poésie et Essais",
Un site, un jardin secret, mais en même temps
C'est aux yeux de tous que tu y dévoilais
Plus que tes pensées, tes sentiments.
"Poésie et Essai", et je m'interrogeais.
Poésie, je comprenais, eu égard aux poètes
Que tu faisais découvrir et que tu citais,
Maîtres du verbe, de la phrase esthètes.
Mais "Essais" me laissait dubitatif,
Car c'est bien ainsi tes vers que tu as qualifié,
Quand moi j'aurais usé de nombre superlatifs,
Tu les nommais "Essais", étrange humilité.
A moins qu'il ne faille y voir des essai
De te livrer, de sonder tes pensées
Ainsi qu'en un miroir où tu te refleterais,
Essais d'une esquisse de toi sur papier.
Mais, humble poète et néanmoins Ami,
Sache que tes essais me semblent transformés,
Qu'ils sont de vrais poèmes, ni des ébauches, ni
Des brouillons, qu'ils me semblent achevés.
Bien sur, nous internautes du web littéraire
Ne sommes pas dupes de la valeur de nos lignes.
Nous ne sommes pas Rimbaud, nous ne sommes pas Baudelaire,
Mais nous pouvons sans honte assumer celles que l'on signe.
Même si leur versification, leur construction
Ne satisfait pas les règles strictes de la poésie,
Nos vers sont "honnêtes" dans le sens où nous écrivons
Ce que nous ressontons, sans aucune tricherie.
Alors, maintenant, s'il te plait,
De tous ces textes, de tes vers et tes mots
Ne dis plus qu'il ne sont qu'essais,
Appelle les "poemes", sans honte et le front haut.
Pour fêter ce baptème, nous irons trinquer à la taverne
Des poètes, lieu réel ou virtuel, sur réseau ou sur terre ;
Et à la poésie, l'amitié aussi, à l'oubli des moments ternes,
Nous trinquerons ensemble et partagerons nos vers.
A Petit Feu
J'ai d'abord vu la braise tout au fond de tes yeux,
J'ai senti la chaleur et ressenti ce feu.
Ce feu à l'intérieur qui incendiait mon corps
Ce corps que n'apaisait que plus de feu encore.
Brûler m'était égal, mais à condition que
Cette flamme dans tes yeux me brûle à petit feu.
J'ai entendu mon coeur crépiter à ton feu,
Rougeoyer, s'enflammer et partir en nuée.,
La fumée m'entourait et me brûlait les yeux
Et ces larmes qui tombaient me cachaient le brasier.
J'aurais pu y périr et n'y souffrir qu'un peu
Mais sa flamme assassine ne tue qu'à petit feu.
Feu de Bengale d'abord, aveuglé de couleurs
J'étais émerveillé de toutes ces étincelles.
Feu de joie qui hélas n'aura été qu'un leurre
Car le feu de ton phare vers les récifs appelle.
Un feu de paille trop bref, oui mais un feu de ceux
Dont les braises ne s'éteignent jamais qu'à petit feu.
Ces cendres, éclats de nous, chaque jour m'assassinent
Et ce feu là en moi ne me réchauffe plus.
Il ne fait que brûler dans un âtre fait de ruines
Consumant peu à peu les murs mis à nu.
Paradoxe, car ces flammes brûlent en moi toujours mieux
Lorsque moi je m'éteins chaque jour à petit feu.
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