LA COMPAGNE
Le frisson qui sur ton corps ondule
Lorsque ma main effleure ta peau lisse,
Traîne comme une vague qui se plisse
Sur le sable blanc que le soleil brûle.
Le reflet cuivré de ta chevelure
Dans l'ultime lueur d'un jour fatigué,
Redonne vie à mon corps égaré
Comme un tison rouge sur ma blessure.
Telle une flamme qui s'échappe des braises
Et jette des éclairs incandescents,
Tu es l'âme de mon corps de glaise
Qui s'articule autour d'un coeur d'amant.
Ton corps se cache sous un autre corps
Que mes yeux seuls peuvent apercevoir,
Et quand bien même le premier sera mort,
Le second vivra dans ma mémoire.
Mais encore ta chair est bien vivante
Qui rythme les saisons de notre amour,
Et m'enveloppe d'une passion puissante
Qui me submerge d'instants bien trop courts...
PENSÉES D'ALCÔVE
La lumière que le soir a fait mauve
S'allonge doucement dans mon regard,
Tu es là dans mes pensées d'alcôve
A cette heure où les amants se préparent.
La nuit qui dépose un voile de velours
Sur un lit fait de soie et de satin
S'empare de nos corps et de notre amour
Et les enlace jusqu'au petit matin.
Et je réinvente pour toi des mots
Que tu ne peux lire sur mes lèvres,
Qui se perdent sur l'ambre de ta peau
Et dans l'émoi de nos corps en fièvre.
La terre au loin dans le ciel se couche
Qui jette des cendres dans mon regard bleu,
Et je m'attarde au coin de ta bouche
Et dans la rosée qui perle à tes yeux.
Et mon corps est envahi de peine
De ne pouvoir en toi se répandre,
Ah, si la mer était vaste plaine
Et ma destinée un peu plus tendre !
Car mon coeur a tant besoin de t'aimer
Toi qui dans mes nuits fait briller le jour,
Te faire vivre de mes ardents baisers
Et de mon regard fait de mots d'amour.
Alors je jette une bouteille à la mer
Comme une étoile au milieu de ma nuit,
Une larme écrite en lettre de verre
Que les vagues emportent et que tu essuies.
Belle île au milieu de mon océan
Que le vent décore d'un ourlet d'écume,
Tu brilles comme un astre au firmament
Et me guides lorsque mon regard s'embrume.
Et je rêve que l'on pourrait s'aimer
Et que le monde entier nous enlace,
Et que je n'ai plus besoin de rêver
Et que jamais plus tu ne t'effaces.
Mais encore tu es bien trop fragile
Entre mes doigts qui de manque en tremblent,
Et ma douleur se fige immobile
Car en ce moment nous sommes ensemble...
JUMELLE COSMIQUE
Suspendu aux mille étoiles
Qui brillent dans l'eau de mes yeux,
Je me jette dans la toile
Et t'enveloppe de mots bleus.
Seul au fond de ma nuit noire
En mes pensées les plus secrètes,
Ton sourire est dans mon regard
Et dans nos liaisons trop discrètes.
J'aime tes mots qui se couchent
Dans le bleu de mes prunelles,
Et je t'embrasse sur la bouche
Chaque soir plus sensuelle.
Lorsque je sens ton haleine
Qui m'ennivre de tendresse;
Mes doigts écrivent "je t'aime"
Et de mes mains je te caresse.
J'imagine ton doux visage
Et l'éclat rubis de tes yeux,
Ta peau et son parfum sauvage
Et des reflets dans tes cheveux.
A présent mon coeur t'appartient
Qu'à jamais tu as embrasé,
J'aime ton corps contre le mien
Comme nos lèvres entrelacées.
Tu me dictes des mots d'amour
Et je t'offre en cadeau mon âme,
Mes nuits sont plus belles que mes jours
Avec toi ma tendre Suzanne...
FANTASME...
Tu es là dans mes pensées les plus secrètes
Endormie sous un voile que mes doigts fiévreux,
Impatients d'effleurer ta beauté discrète
Soulèvent d'un geste délicat et langoureux.
Pareil à une étoffe de soie précieuse
Finement déroulée sur ta peau de satin,
Ton vêtement sculpte tes formes généreuses
Et t'épouse fidèlement jusqu'au bas des reins.
Surgie de mon rêve dans un corps nubile,
Le regard consumé de chaleurs adultères,
Tu répands dans tes caresses des plaisirs subtils
Que ne dédaignent pas mes passions passagères.
Les mots qui s'égarent de tes lèvres tendues
Comme les soupirs d'une musique imaginaire,
S'inscrivent en lettres de feu sur ma peau nue
Et me sacrifient à tes ardeurs cavalières.
Tu règnes en mes pensées les plus secrètes
Qui naissent et disparaissent sans être apprivoisées,
Comme un miroir dans lequel tu te reflètes,
Fantasme sensuel que je dois endurer...
VARIATIONS
Je suis l'ange de ton rêve
de ton rêve le plus secret
d'un secret que je t'enlève
et qui m'enlève mes regrets.
Tu es la lumière de ma vie
ma vie qui n'a fait qu'attendre,
attendre qu'au fond de ma nuit
ma nuit voit nos corps se prendre.
Tu es plus belle que le jour
le jour dans l'éclat de tes yeux,
tes yeux sont remplis d'amour
d'un amour qui n'est qu'à nous deux.
Tu es la reine en mes pensées
en mes pensées les plus tendres,
plus tendres encore que nos baisers
baisers qui se font attendre.
Car tu es encore loin de moi
de moi qui égraine le temps,
un temps fait de peine et de joie
de joie d'être un jour ton amant...
JE MARCHE VERS TOI
Et je marche vers toi
nu, seul et innocent,
laissant derrière moi
et ma vie et mon sang.
Je ne peux te donner
que mon coeur et mes mots,
des maux apprivoisés
aux vagues de nos eaux.
Ouvre moi ton regard
brillant de jeunesse,
que mon âme s'y égare
que ma peine s'y blesse.
Ne te retourne pas
je n'ai plus de passé,
il n'y a dans mes pas
que mon ombre blessée.
Car mon âme dérive
au ciel de mes larmes,
que ma peine ravive
que ton coeur désarme.
Tu traînes mes pensées
au bord de tes lèvres
enfin entrelacées
et rouges de fièvres...
NOCTURNE
Quand les lueurs finissantes d'un soir cuivré
Embrasent le regard d'un jour qui se couche,
Les feuilles embaument l'air dont l'étreinte fatiguée
Vient poser un dernier baiser sur ma bouche.
La lumière se retire comme un voile de traîne
Et libère des teintes évanescentes,
Alors qu'apparaissent des douleurs anciennes
que les ocres du soir font sanguinolentes.
Pareil au pinceau qui caresse la toile
Et fait naître des couleurs imaginaires,
Le soir dépose dans l'ombre, des étoiles,
Comme une nuée de lucioles éphémères.
Au loin le ciel qui semble toucher la terre
recouvre de ses cendres noires les braises,
C'est l'heure où je les imagine passagères
Les amours qui dans la lumière se taisent.
La tiédeur s'évapore d'une pénombre humide
Et disparaît dans la lumière qui se meurt,
Tandis qu'orpheline mon âme se vide
de tous les sentiments qui ne sont pas douleurs...
JE VOUDRAIS...
Je voudrais tant pouvoir t'aimer,
Être le vent qui te caresse,
Te prendre pour mieux te donner,
Et me baigner dans ta jeunesse.
Je voudrais que dans mon regard
Tu fasses naître des lueurs,
Que tu crées des nuances rares
Du mélange de nos couleurs.
Je ne voudrais plus avoir froid
Comme au temps de trop d'absence,
Être blotti tout contre toi,
Et te voir comme je te pense.
Tu es près de moi je le sens
Qui me dicte des mots d'amour,
Et je voudrais être l'amant
Qui vit avec toi au grand jour.
Je voudrais que tu sois belle
Ainsi que je t'imagine,
Courtisane ou demoiselle
De mes amours libertines.
Je voudrais que tu m'aimes
Et que je vive dans tes yeux,
Que tu sois dans mon poème
Celle que je couvre de mots bleus...
L'INCONNUE
Je t'attendrai belle inconnue
Que sans connaître j'aime déjà,
Car alors tu me donneras
De ton corps les fruits défendus.
Tu ne me connais pas encore
Mais l'amour t'a faite pour moi,
Ton parfum flotte et je me noie
Dans mon désir qui s'évapore.
Je te cherche depuis tant de temps
Qu'à force le temps qui passe
Te dessine dans mon espace
Et te fais rouge de mon sang.
J'efface dans ma tête fatiguée
Les souvenirs qui t'embrument,
Et dans mes yeux clairs s'allument
Le regard que je t'ai donné.
Je sens ton souffle sur ma peau
Tant il faut que tu existes
Mais encore tu me résistes
Belle inconnue que j'aime trop...
Retour Accueil
|