Poèmes de Daniel K.

 

LA COMPAGNE Le frisson qui sur ton corps ondule Lorsque ma main effleure ta peau lisse, Traîne comme une vague qui se plisse Sur le sable blanc que le soleil brûle. Le reflet cuivré de ta chevelure Dans l'ultime lueur d'un jour fatigué, Redonne vie à mon corps égaré Comme un tison rouge sur ma blessure. Telle une flamme qui s'échappe des braises Et jette des éclairs incandescents, Tu es l'âme de mon corps de glaise Qui s'articule autour d'un coeur d'amant. Ton corps se cache sous un autre corps Que mes yeux seuls peuvent apercevoir, Et quand bien même le premier sera mort, Le second vivra dans ma mémoire. Mais encore ta chair est bien vivante Qui rythme les saisons de notre amour, Et m'enveloppe d'une passion puissante Qui me submerge d'instants bien trop courts...


PENSÉES D'ALCÔVE La lumière que le soir a fait mauve S'allonge doucement dans mon regard, Tu es là dans mes pensées d'alcôve A cette heure où les amants se préparent. La nuit qui dépose un voile de velours Sur un lit fait de soie et de satin S'empare de nos corps et de notre amour Et les enlace jusqu'au petit matin. Et je réinvente pour toi des mots Que tu ne peux lire sur mes lèvres, Qui se perdent sur l'ambre de ta peau Et dans l'émoi de nos corps en fièvre. La terre au loin dans le ciel se couche Qui jette des cendres dans mon regard bleu, Et je m'attarde au coin de ta bouche Et dans la rosée qui perle à tes yeux. Et mon corps est envahi de peine De ne pouvoir en toi se répandre, Ah, si la mer était vaste plaine Et ma destinée un peu plus tendre ! Car mon coeur a tant besoin de t'aimer Toi qui dans mes nuits fait briller le jour, Te faire vivre de mes ardents baisers Et de mon regard fait de mots d'amour. Alors je jette une bouteille à la mer Comme une étoile au milieu de ma nuit, Une larme écrite en lettre de verre Que les vagues emportent et que tu essuies. Belle île au milieu de mon océan Que le vent décore d'un ourlet d'écume, Tu brilles comme un astre au firmament Et me guides lorsque mon regard s'embrume. Et je rêve que l'on pourrait s'aimer Et que le monde entier nous enlace, Et que je n'ai plus besoin de rêver Et que jamais plus tu ne t'effaces. Mais encore tu es bien trop fragile Entre mes doigts qui de manque en tremblent, Et ma douleur se fige immobile Car en ce moment nous sommes ensemble...


JUMELLE COSMIQUE Suspendu aux mille étoiles Qui brillent dans l'eau de mes yeux, Je me jette dans la toile Et t'enveloppe de mots bleus. Seul au fond de ma nuit noire En mes pensées les plus secrètes, Ton sourire est dans mon regard Et dans nos liaisons trop discrètes. J'aime tes mots qui se couchent Dans le bleu de mes prunelles, Et je t'embrasse sur la bouche Chaque soir plus sensuelle. Lorsque je sens ton haleine Qui m'ennivre de tendresse; Mes doigts écrivent "je t'aime" Et de mes mains je te caresse. J'imagine ton doux visage Et l'éclat rubis de tes yeux, Ta peau et son parfum sauvage Et des reflets dans tes cheveux. A présent mon coeur t'appartient Qu'à jamais tu as embrasé, J'aime ton corps contre le mien Comme nos lèvres entrelacées. Tu me dictes des mots d'amour Et je t'offre en cadeau mon âme, Mes nuits sont plus belles que mes jours Avec toi ma tendre Suzanne...


FANTASME... Tu es là dans mes pensées les plus secrètes Endormie sous un voile que mes doigts fiévreux, Impatients d'effleurer ta beauté discrète Soulèvent d'un geste délicat et langoureux. Pareil à une étoffe de soie précieuse Finement déroulée sur ta peau de satin, Ton vêtement sculpte tes formes généreuses Et t'épouse fidèlement jusqu'au bas des reins. Surgie de mon rêve dans un corps nubile, Le regard consumé de chaleurs adultères, Tu répands dans tes caresses des plaisirs subtils Que ne dédaignent pas mes passions passagères. Les mots qui s'égarent de tes lèvres tendues Comme les soupirs d'une musique imaginaire, S'inscrivent en lettres de feu sur ma peau nue Et me sacrifient à tes ardeurs cavalières. Tu règnes en mes pensées les plus secrètes Qui naissent et disparaissent sans être apprivoisées, Comme un miroir dans lequel tu te reflètes, Fantasme sensuel que je dois endurer...


VARIATIONS Je suis l'ange de ton rêve de ton rêve le plus secret d'un secret que je t'enlève et qui m'enlève mes regrets. Tu es la lumière de ma vie ma vie qui n'a fait qu'attendre, attendre qu'au fond de ma nuit ma nuit voit nos corps se prendre. Tu es plus belle que le jour le jour dans l'éclat de tes yeux, tes yeux sont remplis d'amour d'un amour qui n'est qu'à nous deux. Tu es la reine en mes pensées en mes pensées les plus tendres, plus tendres encore que nos baisers baisers qui se font attendre. Car tu es encore loin de moi de moi qui égraine le temps, un temps fait de peine et de joie de joie d'être un jour ton amant...


JE MARCHE VERS TOI Et je marche vers toi nu, seul et innocent, laissant derrière moi et ma vie et mon sang. Je ne peux te donner que mon coeur et mes mots, des maux apprivoisés aux vagues de nos eaux. Ouvre moi ton regard brillant de jeunesse, que mon âme s'y égare que ma peine s'y blesse. Ne te retourne pas je n'ai plus de passé, il n'y a dans mes pas que mon ombre blessée. Car mon âme dérive au ciel de mes larmes, que ma peine ravive que ton coeur désarme. Tu traînes mes pensées au bord de tes lèvres enfin entrelacées et rouges de fièvres...


NOCTURNE Quand les lueurs finissantes d'un soir cuivré Embrasent le regard d'un jour qui se couche, Les feuilles embaument l'air dont l'étreinte fatiguée Vient poser un dernier baiser sur ma bouche. La lumière se retire comme un voile de traîne Et libère des teintes évanescentes, Alors qu'apparaissent des douleurs anciennes que les ocres du soir font sanguinolentes. Pareil au pinceau qui caresse la toile Et fait naître des couleurs imaginaires, Le soir dépose dans l'ombre, des étoiles, Comme une nuée de lucioles éphémères. Au loin le ciel qui semble toucher la terre recouvre de ses cendres noires les braises, C'est l'heure où je les imagine passagères Les amours qui dans la lumière se taisent. La tiédeur s'évapore d'une pénombre humide Et disparaît dans la lumière qui se meurt, Tandis qu'orpheline mon âme se vide de tous les sentiments qui ne sont pas douleurs...


JE VOUDRAIS... Je voudrais tant pouvoir t'aimer, Être le vent qui te caresse, Te prendre pour mieux te donner, Et me baigner dans ta jeunesse. Je voudrais que dans mon regard Tu fasses naître des lueurs, Que tu crées des nuances rares Du mélange de nos couleurs. Je ne voudrais plus avoir froid Comme au temps de trop d'absence, Être blotti tout contre toi, Et te voir comme je te pense. Tu es près de moi je le sens Qui me dicte des mots d'amour, Et je voudrais être l'amant Qui vit avec toi au grand jour. Je voudrais que tu sois belle Ainsi que je t'imagine, Courtisane ou demoiselle De mes amours libertines. Je voudrais que tu m'aimes Et que je vive dans tes yeux, Que tu sois dans mon poème Celle que je couvre de mots bleus...


L'INCONNUE Je t'attendrai belle inconnue Que sans connaître j'aime déjà, Car alors tu me donneras De ton corps les fruits défendus. Tu ne me connais pas encore Mais l'amour t'a faite pour moi, Ton parfum flotte et je me noie Dans mon désir qui s'évapore. Je te cherche depuis tant de temps Qu'à force le temps qui passe Te dessine dans mon espace Et te fais rouge de mon sang. J'efface dans ma tête fatiguée Les souvenirs qui t'embrument, Et dans mes yeux clairs s'allument Le regard que je t'ai donné. Je sens ton souffle sur ma peau Tant il faut que tu existes Mais encore tu me résistes Belle inconnue que j'aime trop...


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