Poèmes de Gaia

 

La putain enfantée Endurer les souffrances du partage, de la multiplication était pour mon corps-triste, le prix a payer pour jouir du bonheur était pour ton coeur-pierre l'offrande de mon déshonneur insultes, crachats, salissures les amies de mon humiliation Chaque soir, en sueur ou glacée j'espérais le matin devenir ta mariée gominé, repassé, parfumé, tu passais vérifier les compteurs si ta bourse je remplissais,tu m'honorais de tes sourires enjôleurs le matin tes mots d'amour me faisaient oublier que déjà j'étais divorcée Avec mes soeurs de la nuit,blondes, rousses, brunes, tes fiancées d'un soir je partageais doutes, rêves, coups, vestes et plastiques je partageais pardon, abnégation, contre ton sourire angélique te subir, te faire jouir, t'entendre rire, devenait chaque jour mon espoir A ce jour encore, j'attends douloureusement que tu daignes le regarder ce fils, ce frère de ces petits frères, de ces petites soeurs de mes soeurs ta semence, le lait de ton ventre me mange et égaie mon coeur il a faim de moi comme j'ai faim de toi , viens...juste pour essayer Au bout des seins sa bouche téteuse me rappelle tes dents j'ai mal a en crever de ne plus pleurer, de ne plus être la fiancée j'ai bon a en hurler de le voir rire, de le voir bébé viens, voir tes yeux , ta bouche, viens le temps d'un instant Parce que j'ai dit oui à la vie, à sa vie tu m'as jetée, répudiée, incendiée je suis alors, devenue l'exilée oubliée pour mettre a terme ce petit , si petit De ce ventre a vendre, il est né pour me racheter mon corps-plaie saigne de ton absence mon coeur-plaie crie contre ton silence je crève de ta peau, appelle moi et tu pourras tout t'acheter De ce ventre a nouveau vide, de ce ventre compteur je te laisserai a nouveau tout prendre, tout offrir plus jamais occasion, il y aura de partir je jure sur ce petit, que tes poches connaîtront le bonheur Et moi la putain enfantée, la mère enchantée j'accepterai les odeurs, les insultes de ces larves ambulantes je reprendrai la couleur des coups, le trac de la débutante. Viens, l'or de mes cuisses à jamais va couler...


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