Patrice Guirao



Quelques textes, extrait d'un album d'Art Mengo.



LES PARFUMS DE SA VIE C'est vrai que dans ses draps fourbus Jusqu'aux aurores, à l'inconnu Elle a roulé à demi-nue Son corps de bras en bras tendus C'est vrai qu'au vent de ses cheveux A ses parfums de safran bleu Elle a brûlé à petit feu Sa liberté, manière de jeu Elle a dans son regard Un reste d'étendard L'ombre d'un corbillard Que poussent des pillards Moi je l'ai tant aimée Tant aimée, tant aimée Que mon corps est pétri Des parfums de sa vie Moi je l'ai adorée Adorée Que mon corps est pétri Des parfums de sa vie C'est vrai qu'au bord de ses écarts Ses yeux froissés sont en retard Quand sonne l'heure de leur départ Ou d'un sourire ou d'un regard Elle a le corps ouvert aux rives des adultères A la caresse amère des amours passagères Moi je l'ai tant aimée Tant aimée, tant aimée Que mon corps est pétri Des parfums de sa vie Moi je l'ai adorée Adorée Que mon corps est pétri Des parfums de sa vie C'est vrai qu'elle a donné souvent Des nuits, des rêves éblouissants... Moi je l'ai tant aimée Tant aimée, tant aimée...


VIENS JE TE HAIS Pour ta nuque endormie, pour tes pleins, tes déliés Pour ce que je t'ai pris, pour ce que j'ai donné Pour des lanternes attardées Pour tes pavés que j'ai usés Viens, je te hais Pour l'ombre de tes cils, pour tes mèches alourdies Pour mes rêves inutiles, pour ta bouche étourdie Pour tes embruns, pour une aurore Pour tes palais de sel et d'or Tout oublier pour s'en aller Tout reconstruire ou s'enliser Viens, je te hais Tout oublier pour s'en aller Tout reconstruire ou s'enliser Viens, je te hais Tout oublier Viens, je te hais Pour tes bas en résille Pour tes talons aiguille Viens, je te hais Pour tes moiteurs cachées Pour ta voix caressée Viens, je te hais Et je parle aux cailloux Des griffures de la mer Les pieds sur les falaises Un nuage autour du cou Et je parle aux noyés Je leur parle de nous Mais je sais que je mens Que tout ça c'est du vent Qu'il n'y a que de l'eau Sous les culs des bateaux Où ricoche mon château


OU TROUVER LES VIOLONS A provoquer le temps, à bâtir des galères A déchirer le vent, à retenir la mer Comment courir, vers le vent du grand large A nouer son mouchoir pour penser à aimer Le dénouer le soir pour ne pas s'oublier Comment courir, vers le vent du grand large Où trouver les violons perdus le long des plages Et l'éclat des chansons, décrocher des nuages A briser les miroirs au galop de l'été A jeter sur le soir des galets fatigués Comment coucher, sur le lit des rivières Comment redevenir le flambeau des batailles A l'horieon des désirs, des barrières de corail Comment courir, vers le vent du grand large Où trouver les violons perdus le long des plages Et l'éclat des chansons, décrocher des nuages Comment courir encore vers le vent du grand large Fouler le long des plages les jardins de l'aurore Et quand revient le soir renouer son mouchoir Et pour ne plus se voir éclater les miroirs Où trouver les violons perdus le long des plages Et l'éclat des chansons, décrocher des nuages Comment courir encore vers le vent du grand large Couler le long des plages les jardins de l'aurore Et quand revient le soir renouer son mouchoir Et pour ne plus se voir éclater les miroirs Comment...


COTE COUR C'est une blessure qui va mentir Du bout des lèvres qui va grandir C'est cet amant qui ne t'aime plus Le coeur serré d'un chien perdu Un mot d'adieu comme un couteau L'ouragan d'un coeur en lambeaux C'est sur le fil du désespoir L'éclat cassé de ton miroir Se trouver seul un jour le rideau côté cour Se trouver sans amour Et crier au secours Et crier au secours C'est sur un banc l'enfant qui pleure C'est ce vieil homme devant sa peur C'est quand revient un soir l'envie De cet amour qu'on a maudit C'est sur les vagues de l'océan Le vol inquiet du goêland De voir partir tout loin devant Un corps blessé, un quai sanglant Se trouver seul un jour le rideau côté cour Se trouver sans amour Et crier au secours Et crier au secours Je veux enchaîner ma mémoire Tout seul au mât de mon radeau Je veux enchaîner ma mémoire Tout seul aux pierres de mon tombeau Se trouver seul un jour le rideau côté cour Me trouver sans amour Et crier au secours...


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