Poèmes de Jean-François

 

"Elle avait..." Elle avait cette habitude enfantine De me regarder sans jamais me fixer Et timidement ainsi qu'une frêle lutine Baissant les yeux se laissait penser Comme une perle palatine ! Souvent elle glissait ses longs cheveux Dessus son front d'une innocence emplie Puis attirant mon attention à voeux Riait folâtrement épiant un parhélie Au plafond de mes yeux ! Et soudainement déposant en mon esprit Une indicible émotion fragile Sainte Ou puissance placide elle me prit En caressant mon épaule d'une feinte Et tranquille harmonie... Nous nous envolions sans quitter le sol Emplis de vertiges ahurissants et soudains Qui nous emmenaient de folles en folles Surprises sans un profond dédain D'une Déesse qui s'affole !


"Cintrée..." Cintrée ainsi qu'une Ombre Emplie d'effluve de vague à l'âme En un catalfaque cerclée en une catacombe Elle sommeille; à la lèvre une flamme. Elle célèbre la frêle ciselure - Ô éclat de cercueil! Qui s'étend des glaïeuls à l'épi de chevelure En passant légèrement par le funèbre Seuil. Un mince rayon mordoré qui blêmit En caressant la stèle et la gisante Est soudainement happé par un lit Pâle que l'herbe des Ténèbres tourmente. Et alors sous la chétive effigie Danse le clair de Lune nocturne Friable en son charmoie de magie laissant resurgir la Sainte taciturne !


Mon âme actuellement s'apparente à une flopée de pleurs qui se jouent dans la Brume. Ou est donc ma main ? Ou donc palpite et s'ébat mon coeur ? Quelle force a pu franchir le fossé d'un mort qui meurt et d'un vivant qui s'éteint, sans qu'une rive nerveuse ne s'émeuve? J'allume la lumière et brave les vents : une armée en déroute ne perd pas toujours, le Lendemain !


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