Poèmes de "Hasbeen"

 

Twin Je serais muet ? J'étais pourtant bavard. Peut être que je parle ? Je ne sais pas, je ne sais plus Je n'entends rien. Peut être me répond-t-on ? Je ne sais pas. J'adore toujours le jazz. Je pue salement Je le sais, je me sens A plein nez Je me douchais deux fois par jour. Je commence à oublier Si je dois dormir Ou rester éveillé Est-ce la nuit ? C'était le début du jour. J'ai faim Je picorais ce matin Je pense Je pensais avant Je te sens haleter Je t'imagine apeurée Je te sais inquiète Je survis Je vivais il y a trois minutes J'appelle Dieu d'ici Je ne l'ai jamais appelé Je te vois seule, comme je suis isolé Je sais que tu téléphones A ta mère, à ton frère C'est comme si j'étais à la maison J'espère que les jumeaux vont bien Et le chien ? Je pense Je pensais Je pense plus fort Je pense déjà différemment Est-ce que j'ai déjà pensé? J'ai une soif de - je ne sais pas- de chameau Je buvais comme on boit Tranquillement à table chez soi Je ne vois rien J'adore l'horizon rose J'en suis sûr ici maintenant J'ai froid sans plus La température doit rester constante Il y a quelqu'un que je ne connais pas Il ne bouge pas ou plus C'est un homme pas loin J'en suis presque content Je me dis que ce corps N'est pas le tien Je ne suis pas gommé Il reste une part de moi Une part assez vivace Une part qui s'accroche Une autre qui ne lutte plus Je pense Je pense à penser A quoi penses-tu toi là-bas ? Question idiote ! Je sais la réponse depuis toujours Je pense Je pense à penser Je ne fais que cela Pour être un peu pour deux Pour plus tard Pour bientôt Je pense très fort Assez pour que tu m'entendes J'ai lu que les abos font ainsi Attends-moi le temps qu'il faudra Il est plus que temps de creuser, s'écorcher J'oublie de penser, je fouille, je gratte J'arriverai à l'heure avant un siècle


Amnésique J'suis amnésique! Oubliée la peur du flic, J'pense qu'au fric! J'suis amnésique! Oublié l'regard oblique, J'suis un respectable indic! J'suis alcoolique! Oubliées les cliniques, J'suis éclectique! J'étais catholique! Oubliées toutes les cliques, Pas d'panique! Tant pis pour le chic!


www.LEJA-RA@ PAS-DIS-BY Au bout du bout d'la Grand Place Y a un' fille nue dans une glace Avec elle j'ferai bien une valse. J'lui promets: "demain, j't'enlace!" Elle m'a rien dit, On s'est compris! Alors tous les jours je passe, Tout seul, dans la foule, j'l'embrasse! Tout est permis Au Paradis! Pas vu, pas pris! Tout est permis! A Liège elles sont en boutique. Ici Elle me fait la nique, Et m'invite à lui faire clic Pour la rejoindre: Informatique!


Chers lecteurs, en ce qui concerne le texte qui suit, on peut parler de délire poétique... Mais dans le bon sens du terme bien sur, chapeau bas mon cher Hasbeen, unique ce poème.

AMOURS IMPOSSIBLES La sagacité du poireau chinois du 13è arrondissement Mémoires d'une carte perforée du poumon droit Les regrets d'une dent de lombric borgne La vélocité d'un ceinturon engagé dans un quatre fois quatre cents La pendaison fatale d'une crémaillère en place de grève La volubilité subtile d'un joint de mur de briques amiénois L'espoir déçu de l'ongle du pouce gauche incarné de Rita Hayworth L'espoir déçu d'un drapeau qui rêvait de servir la France en Algérie Les accords mélodieux d'Evian au pain sec et à l'eau pendant quinze jours Le piston récompensé par une soupape distinguée La folie meurtrière d'une pompe à vélo déjantée à la dope L'exagération manifeste d'une boule de billard manucurée par Carita La névrose du potage poireau-pomme de terre le soir au fond des champs transgéniques Le salut empressé au drapeau du concombre hurleur L'égoïsme patent de la scie parisienne La ruse d'un tableau dupé La méchanceté insigne d'une soupière assoupie La jalousie notoire d'une paire de lunettes orphelines La joie débordante d'un poêle en faïence de Lunéville sourd-muet L'irrédentisme entêté d'une pantoufle de velours de Bruges La solitude d'un cendrier paralysé des membres inférieurs La soi-disant bêtise d'un plumeau ventriloque La haine viscérale d'un crayon mal taillé La fourberie maladive d'une carte Michelin de 1968 Le soliloque caustique d'une lame de parquet en bois de campêche La nostalgie d'une enclume mal lunée La cruauté d'un fixe-chaussettes femelle L'écartèlement d'une paire de bretelles en peine de quoi faire La mort annoncée d'un cheval de bois enfant La résurrection d'un poil de canard La réincarnation d'un ongle droit en ongle gauche Le désespoir lucide et, néanmoins, voué à l'échec, d'un pâté de grèves La grivèlerie d'un manteau de fourrure de l'Equateur Le voyage d'un coussin germain en Allemagne L'héroïsme tranquille d'un carnet à spirale désoeuvré La pensée sauvage du grille pain incarcéré à vie La coquetterie d'un bigoudi en congés payés à Pallavas les flots La honte rugueuse du rabot mélancolique Le baiser de l'ascenseur poussif de l'immeuble à un étage La pitié doucereuse d'un ticket de métro moscovite La solitude d'un Chêne au sommet du Mont Blanc escaladé par la face Nord La gaîté suspecte d'une pierre tombale amoureuse La tristesse d'un pot de chambre retraité à Bobigny Le refus d'incorporation d'un jaune d'oeuf et d'une livre de beurre salé chez les paras La beauté agaçante d'un navet coureur de jupons et de dot L'amertume gonflée d'un ballon de foot au Grand Stade Les petites joies d'un timbre-poste casanier La souplesse d'une enclume en robe du soir L'astuce insoupçonnable par le KGB d'une pince à linge de haute couture La timidité d'un dollar australien au pied de la Tour Eiffel La volonté indomptable de vaincre d'un scoubidou à roulettes Le soliloque admirable d'une cafetière anémique au fond d'un café du dix huitième La haine bien sentie d'un coffre fort diabétique devant la pauvreté L'espoir d'un filet à papillon désoeuvré Les soupçons légitimes d'un calendrier des Postes bicentenaire L'énervement incompris d'un fer à repasser jaloux à raison L'ennui mortel d'une éponge délaissée par son mari La compassion d'une imprimante xénophobe pour les vers de terre Les souhaits vertueux d'un balai brosse mal dégrossi La douceur subtile d'une lame atteinte par le fléau mondial de la rouille La timidité d'une serpillière androgyne Le secret d'un timbre-poste asmathique La souffrance inimaginable d'un dictionnaire franco-afghan bombardé à Kaboul L'égarement d'une carte Michelin retraitée au pôle magnétique L'engagement militant d'un aviron au Sahara La force tranquille d'une savonnette mutée dans les Sargasses L'étonnement d'une chevelure punk devant un écureuil jaune La hargne d'un peigne déshérité par son père putatif Les souvenirs d'une tasse à thé "Wedgwood" lilliputienne La lente et émouvante agonie d'un encrier mystique par Cécil B de Mille L'inhumation suivie d'un vélo solitaire au cimetière des éléphants de Genevilliers Le militantisme obscur et incompris d'un maillot de corps victorien L'odyssée inimaginable d'une cravate orpheline La retraite méritée d'une soupe au lait sectaire L'inhumation logique d'un boulier monophysiste Le cheminement laborieux d'une table en chêne massif surexcitée La résistance d'un stylographe communiste aux dollars canadiens Le défaitisme mal compris d'une guitare trop timide L'aplatissement d'un soutien gorge orgueilleux à Hastings. Bien fait ! L'extase mystique d'un paillasson inconnu sous l'Arc de Triomphe La magie méconnue d'une agrafeuse édentée Le journal d'une bavure irréductible La frénésie d'un slip galopant sous la grêle des balles à Hastings L'exacerbation modulée d'un pétard décati par temps de pluie ou de brouillard L'incarcération très méritée et suivie à la télé d'une brosse à dents éméchée L'abandon d'une scie démystifiée, enfin !, par les services de la Guépéou L'onanisme solitaire et inconnu jusqu'ici, d'un lacet de corset tricolore


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