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"Thébaïde"
Quand on a plus rien que sa solitude Le soir venu apparaît le déclin On trinque avec l'oubli de ses habitudes Cherchant une épate pour fuir son chagrin.
Et puis soudain on évoque l'ancien temps Qui nous a vu gravir les marches du succès Grisé par la gloire, et, presque insolent On toise les autres d'un regard agacé
Que de titres, d'honneur et de promotions Paradant de faste, jusqu'à l'arrogance En faisant fi des règles de la tradition Qu'oblige notre rang à plus de bienséance
De cette époque lointaine et révolue Mon cœur contrit, rappelle ses souvenirs De tristes regrets, du trajet parcouru Implorant le pardon pour se repentir.
A l'orée de mon âge, vaincu par les ans Tel un vieil arbre aux branches dégarnies Je ressasse ma vie, passé et présent Suivant à la trace l’ancien chemin pris
APHRODITE Mes songes sont sur tes lèvres vermeilles Je délecte le doux parfum de ta peau Mes mains caressent ton corps qui s'éveille Traînant sur les dédales de ton dos. Tes longs cheveux, crinière de l'alezan Tombent sur ta nuque, divin refuge Où ma bouche lambine, en embrasant La passion d'un volcan, crachant son déluge. L'éclat de tes dents, nargue le soleil Donnant à ton sourire, l'envie d'aimer Tandis que tes yeux, d'un vert sans pareil Calme mes désirs, et, me laissent rêver. Mes doigts gambadent sur tes hanches Dont le galbe enflamme mes désirs Source limpide, de ma soif qui s'étanche Dans le creux de ton ventre qui soupir. De mes nuits que tu hantes si souvent La lumière de ton ombre me taquine Frôle mon visage de son air insolent Murmurant des paroles en sourdine.
A TOI AMOUR DE MA VIE Je revois souvent nos anciennes photos jaunies par le temps. Mon dieu comme le temps passe vite, ça fait déjà trente ans. Je me rappelle le premier jour de notre rencontre. Tu étais assise là sur un banc, regardant ta montre.
Tu étais si jeune, si belle, les cheveux au quatre vents. Ta petite valise en carton rouge dans ta main le tenant. Tu paraissais ridicule avec ton chapeau un peu trop grand. Pendant sur ton dos, il te donnait l'air d'une adolescente.
Tu me regardais du coin de l’œil, furtivement. Sentant mon regard fixé sur toi, tu tournes la tête brusquement. Telle une aristocrate zélée à l'air mécontent Voulant dire par-là, eh! Monsieur pas de boniment! Pour la première fois de ma vie, mon cœur est chancelant. Tout mon être vibre, c'est l'extase, quel beau moment. Il fallait à tout prix te parler, te faire part de mes sentiments. Le coup de foudre! Moi le subir ? Impensable décidément. Quelques mois passèrent nous fûmes unis finalement. Pour le meilleur et le pire telle le veut la tradition. Tu m'as comblé d'amour, de tendresse, quel émerveillement. Mon amour pour toi n'avait pas d'égal fort heureusement.
Tu étais si prévenante, douce, patiente et pleine d'attention. Avec toi j'ai connu les plus belles années de ma vie sincèrement. Toujours souriante, affable, attentive à mes appels pressants. Tel un ange tu illumines mon coeur, mon âme quel engouement. Malgré mon sale caractère, soupe au lait le plus souvent. De ta voix, douce et câline, tu fléchissais mon tempérament. Mais non! Je persistais encore et encore à t'en vouloir autant. Implacable tu riais toujours de cette tournure que tu aimais tant. Ta voix, tes rires résonnent encore et pour longtemps. Sans toi la vie n’est plus comme avant, c'est hallucinant. Que de fois l'envie me prend de sentir un à un tes vêtements. Ton odeur est là, omniprésente elle vie au présent. Pourquoi m'avoir quitter sitôt est-ce un châtiment? Non! Ce n'est pas toi qui es parti de ton gré sûrement. La mort! Toujours sournoise, elle plane constamment. Repose en paix mon amour éternel! Â tantôt certainement.
"Les guerrier de Hadès"
Venant des rives du Styx enfer des damnés Les guerriers de Hadès surgissent des ténèbres Ils se ruent sur leur proie tels des forcenés Soldats de la mort à l'allure des ombres
Dans la sorgue opaque ils cernent le village Leur hideuse dégaine se profile sur les murs Débute sans un bruit la razzia sauvage Cruauté barbare que l'agonie murmure.
Ces monstres au coeur d'airain tuent en hurlant Défiant l'empyrée la camarde se brocarde Images Dantesques des corps noyés de sang Les Hachichins plein de hargne paradent.
Dieu dans sa colère décrète sa sentence L'éclair éventre le ciel qui s'enflamme Des cris stridents déchirent le silence Les cadavres par centaines gisent sans âme
La village martyre prépare les suaires Fusent de partout les complaintes funèbres Les femmes dolentes couinent leur calvaire Bentalha rentre dans la saga macabre
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