Jean-Louis Murat
Quelques textes, extrait de l'album "Cheyenne Autumn"
L'ANGE DECHU
Je jette une orange
Vers l'astre mort
Quand s'éveille l'ange
Dans mon pauvre corps
J'arrache les pierres
Aux murs épais
Du tombeau de terre
Où tu m'as jeté
Je monte à grand peine
Par les chemins
Que prennent les reines
Les assassins
Dans cet univers de cendres
Où aimer n'existe pas
Parfois je prie mon ange
Eh ne m'oublie pas
Chaque jour les nostalgies
Nous rongent
Sans amour nous dérivons
Privés de tout retour
Je crains tant le souffle
Du temps sur moi
J'ai connu sa bouche
Dans l'au-delà
Fais de mon âme une branche
De mon corps un talus
Mais Dieu apaise l'ange
L'ange déchu.
LE TROUPEAU
D'avoir mené les chevaux
D'avoir traversé les glaces
Pour me bâtir mon troupeau
N'apaise pas mon angoisse
Pourtant le soleil est haut
Dans l'azur pas de menaces
Je rêve parmi les chevaux
D'horizon mauve et d'espace
Je voulais donner mon sang
Ma vigueur et mon audace
Mais sans passion à présent
Dieu que cette vie me lasse
Tous les gens de Durango
De Catane à Minor Track
Trouvent trop bon le Très-Haut
De m'avoir sauvé des glaces
Va je déteste la vie
De ces bâtisseurs d'empires
De ces voleurs de prairie
Où tu trouveras ta place
Je partirai cette nuit
Sous un ciel peuplé d'étoiles
Je ne connais qu'une envie
Je veux retrouver mon âme
D'avoir mené les chevaux
D'avoir traversé les glaces
Pour me bâtir mon troupeau
N'apaise pas mon angoisse
CHEYENNE AUTUMN
Viens doux soleil
Que tes rayons
Agitent autour de moi
Ce monde d'abeilles
Qui palpitent
Impatient au fond des fois
Sors du long sommeil
Les loutres endormies
Près des torrents
Où luttent sans bruit
Des poissons amoureux
Dans le courant
Ton amour s'en va
Ton amour revient
Ton amour...
Que l'amour est loin...
... nostalghia...
TE GARDER PRES DE MOI
Nos amours se défont
Tout s'efface
Pressé par le temps qui passe
Quand monte au loin
Dans une rumeur
Le chant du très vieil indien
"Fous d'aventure
Respectez le destin"
Je veux te garder près de moi
Corps épris
Voyageur
Ton esprit
Joue comme un derviche tourneur
Les amants ébouriffés par la danse
Du sacré tourment
Chantent au matin
Prisonniers du destin
Je veux te garder près de moi
Souvenirs
Lourds secrets
Vos mumures s'insinuent
Dans nos armures
Veux-tu bien jeter à nouveau
Tes jambes autour de mes reins
Je te le jure
Je me fous du destin
Je veux te garder près de moi
LE GARCON QUI MAUDIT LES FILLES
Je me suis assomé contre les grilles
Qui hautes entourent ta maison
J'ai longtemps attendu la nuit
Couché ventre nu sur la gazon
De quel chagrin pleurent les filles
Quel noeud serré étreint les garçons
Bientôt pris dans les filets de la vie
Humides comme deux poissons
A l'heure de céder à l'envie
Le diable dessous ton jupon
T'a dit vois tu n'es plus de ton ami l'amie
Regarde il porte un caleçon
Je déteste pour toujours les familles
Plus tard je donnerai mes raisons
Aujourd'hui je suis un garçon
Qui maudit les filles
Et n'en tire que des chansons
Goûtez de l'enfant dont elles rient
Que l'on a vendu aux cochons
Qui trouve dans le ventre des filles
Les hautes grilles d'une maison
Quel noeud serré défait la fille
De quel chagrin pleure le garçon
Ce temps perdu que mes chansons l'essuient
Mon coeur aimait plus que de raison
SI JE DEVAIS MANQUER DE TOI
Si je devais manquer de toi
Mon vague à l'âme mon poisson-chat
Ma tendre espionne ma passion
Toi l'encolure de mes chansons
Garde-moi si tu m'aimes
Mais si tu doutes oublie-moi
Des profondeurs de l'océan
Comme un matador un tyran
Guidé par l'odeur des chevaux
Je viens me glisser sous ta peau
Garde-moi si tu m'aimes
Mais si tu doutes oublie-moi
Si je devais manquer de toi
Autant me priver pour toujours
Des bords de Loire au point du jour
De la douceur de ton amour
Ton plus beau nom est portugais
Hongrois brésilien puis français
Par chaque bouche passe ta voix
En bouche à bouche parle-moi
Et garde-moi si tu m'aimes
Mais si tu doutes oublie-moi
Si je devais manquer de toi...
Retour Accueil
|