Poèmes de Philippe L.D.

 

RIV'AGE A MER Soleil semble chercher la grâce rallongeant ses faisceaux flamboyant il veut se refléter au deux dans comme je le fais dans la phrase Mais la mouvance du cobalt replonge la glace du temps en de tout petits tremblements lui donnant la couleur mate Dans le reflux tout doucement agacés les flots en ont assez de la journée à déplacer aux limites du jusant Ecarlate solitude désèchant les rides frangées de l'émail s'éclate en visage d'écailles le déroulement du petit serpent En vers vifs bleu argenté Il s'étale sur le rivage En tessons bien coupants brille dans un mirage mon saphir au sable blanc de mer


SINGERIE Qu'est ce qu'un singe imite Dans la grimace de l'homme Repoussant les bornes QUI le délimite A grandir dans les branches de l'arbre Dans sa pomme Dans son corps mort né Gravite-t-il de son centre ou vers lui S'éparpille-t-il dans la chair Dans l'univers des racines jouit "il" sans limite dans un champ de prime Vers Cosmos clair semé de clairière en clair hiers en sa trogne Qu'est ce qu'un singe qui fait le clown sinon un homme de marbre Quant-il ronfle du front quant-il grogne Ou est l'imitation dans La grimace du singe sinon En l'homme Quant-il songe sous l'arbre


LA PULSION DE MORT EN FACE Refleurissant blondes dans la conscience Enrichie de l'ennui écarlate Des fleurs bleues sur un lac d'essence Pensent le teint de la nuit bleue mat Convulsion du miroir ensanglanté Dans la sainte axe à travers la glace De l'autre côté du moi morceaux éclatés A grands coups de marteau sur la face Je me reconstitue dans l'éparpillement Mais je ne suis jamais satisfait alors Mon corps se disloque sans perdre le temps Sans attendre que la pulsion de mort D'une main fasse un geste brusquement Pour arracher à ma chair sans remords La pulsion de vivre sur la glace


SUR LA BRANCHE ET DANS LES FEUILLES Construire un recueil de poésie C’est faire un cimetière en réalité Ce que les peaux aiment dans la vie C’est le passage à l’acte charnellisé De tout ce que la peau est frustée Je décède et j’aime dépasser la vie Car la poésie sait nous gratifier Pour survivre et combler nos envies Mais pour se conjuguer dans l’herbe Transcendée qui roule dans le verbe Sur le papier il faut se dédoubler ! Des mots qui parlent être! déroulé Par le stylobille c’est s’évaporer En fumée comme le tabac par l’oeil Le vert donne le corps à la réalité Sur la branche dans les feuilles


"Je détruirai..." Je détruirai ma vie Je me tue et gravite Si je détruis l’amour Que pour son retour Dans ce monde sans Vie Car l’aube du granit Ou je meurs chaque jour C’est l’aurore d’un jour CA GLISSE En créant par elle Etant né des retours Je façonnerai la vie L’oeilton dans la belle désormais et toujours Se détourne à son tour dans la recherche l’oubli où finissent les mamours Mais donnant au beau le mouvement enfantin A la mort de l’ennui Tu regardes de trop à l’infini le retour Le repos libertin de ces jours pourris la naissance d’un jour Lentement façonné Au froid du cerveau En ce monde le rite Le mensonge a tourné catalyse l’amour Le costard de la peau chaque tour du mythe détruisant son contour Et le temps sacrifice Le bouquet de mon coeur Au début du supplice De ce moment d’où glisse tremblent ces genoux La défroque de la peur chaque jour qui pisse vers la mort le détour CA GLISSE Le geste hérité de "lui" Je détruirai la vie "il" te le donne par pierre Si je détruis l’amour et tu t’y noyes en cris Dans ce monde sans vie et t’y tombes par terre Ou je meurs chaque jour


L'EPEE DU REGARD Est-ce une sensation ou la réalité de mes yeux Ce que je vois luire sur son visage brulant?... Ce désir qui se tente aux regards des passants Par la volupté de ce déhanchement talentueux!... Cette arme des yeux qui blesse dans le ventre Absorbe la souris par le chas de l'aiguille Qui se plante se tortille du fil à ces méandres Vipère faufilée entre les jambes des filles Le plaisir qui tremble sur de la peau glisse Comme une flèche à scier à travers le regard Emotif par ces deux blocs de granit lisse Et ce tranchant du feu de la plume à la main Impulsive par le manche du poignard styl'O Bille, qui fait des balles des mots styles!... Pour ce passage à l'acte tendre de l'épée meurtrière


VERS GLACES DU STYLO L'âme mutilée de la terre ébahie Pense ses blessures des efforts surhumains, Rassis sur un noyau mourant de faim, Trahissant la crainte, il reverdit... En tenant l'espoir d'un jour à demain Balaye la plinthe tu finiras par trouver Ce LUI qui te fera renaître et ressuciter Dans la substance juteuse d'une boule de pin Mais à peine cete pensée flamba! Que subitement il s'étendit en petits tas descendre Tout doucement pour ramasser la cendre... Non je n'ai pas beaucoup d'espérance Vivre ou mourir pour qu'elle différence A risquer et le vent l'éparpilla


L'IN-ADAPTE CHRONIQUE Dans la chair de l'écris je défigure Le texte mental jusque sur mon corps Depuis ma naissance je suis déjà mort Je ne vis plus! j'existe l'écriture... tel un élixir aphrodisiaque de la pensée charnellisée dans les vers de la syntaxe, je ne vis plus je suis né... Je suis né de Ratures et crachats dans la peinture Que je bave en dévorant le mental, Je suis né gifflé à travers la figure Que j'ai en déformant le verbe oral Je suis l'abstraction du pain-total Je ne vis plus j'existe l'écriture Et la réalité concrête des mots râle Que je triture en aimentant la sculpture Est une abération du sens esthétique, Celle d'une beauté "in" admissible... Vivre pour moi, c'est jouir sans limite de la dimension artistique.


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