RIV'AGE A MER
Soleil semble chercher la grâce
rallongeant ses faisceaux flamboyant
il veut se refléter au deux dans
comme je le fais dans la phrase
Mais la mouvance du cobalt
replonge la glace du temps
en de tout petits tremblements
lui donnant la couleur mate
Dans le reflux tout doucement
agacés les flots en ont assez
de la journée à déplacer
aux limites du jusant
Ecarlate solitude désèchant
les rides frangées de l'émail
s'éclate en visage d'écailles
le déroulement du petit serpent
En vers vifs
bleu argenté
Il s'étale sur le rivage
En tessons bien coupants
brille dans un mirage
mon saphir au sable blanc
de mer
SINGERIE
Qu'est ce qu'un singe imite
Dans la grimace de l'homme
Repoussant les bornes
QUI le délimite
A grandir dans les branches de l'arbre
Dans sa pomme
Dans son corps mort né
Gravite-t-il de son centre ou vers lui
S'éparpille-t-il dans la chair
Dans l'univers des racines jouit
"il" sans limite dans un champ de prime
Vers
Cosmos clair semé de clairière en clair hiers en sa trogne
Qu'est ce qu'un singe qui fait
le clown sinon un homme
de marbre
Quant-il ronfle du front
quant-il grogne
Ou est l'imitation dans
La grimace du singe sinon
En l'homme
Quant-il songe
sous l'arbre
LA PULSION DE MORT EN FACE
Refleurissant blondes dans la conscience
Enrichie de l'ennui écarlate
Des fleurs bleues sur un lac d'essence
Pensent le teint de la nuit bleue mat
Convulsion du miroir ensanglanté
Dans la sainte axe à travers la glace
De l'autre côté du moi morceaux éclatés
A grands coups de marteau sur la face
Je me reconstitue dans l'éparpillement
Mais je ne suis jamais satisfait alors
Mon corps se disloque sans perdre le temps
Sans attendre que la pulsion de mort
D'une main fasse un geste brusquement
Pour arracher à ma chair sans remords
La pulsion de vivre sur la glace
SUR LA BRANCHE ET DANS LES FEUILLES
Construire un recueil de poésie
C’est faire un cimetière en réalité
Ce que les peaux aiment dans la vie
C’est le passage à l’acte charnellisé
De tout ce que la peau est frustée
Je décède et j’aime dépasser la vie
Car la poésie sait nous gratifier
Pour survivre et combler nos envies
Mais pour se conjuguer dans l’herbe
Transcendée qui roule dans le verbe
Sur le papier il faut se dédoubler !
Des mots qui parlent être! déroulé
Par le stylobille c’est s’évaporer
En fumée comme le tabac par l’oeil
Le vert donne le corps à la réalité
Sur la branche dans les feuilles
"Je détruirai..."
Je détruirai ma vie Je me tue et gravite
Si je détruis l’amour Que pour son retour
Dans ce monde sans Vie Car l’aube du granit
Ou je meurs chaque jour C’est l’aurore d’un jour
CA GLISSE En créant par elle
Etant né des retours
Je façonnerai la vie L’oeilton dans la belle
désormais et toujours Se détourne à son tour
dans la recherche l’oubli
où finissent les mamours Mais donnant au beau
le mouvement enfantin
A la mort de l’ennui Tu regardes de trop
à l’infini le retour Le repos libertin
de ces jours pourris
la naissance d’un jour Lentement façonné
Au froid du cerveau
En ce monde le rite Le mensonge a tourné
catalyse l’amour Le costard de la peau
chaque tour du mythe
détruisant son contour Et le temps sacrifice
Le bouquet de mon coeur
Au début du supplice De ce moment d’où glisse
tremblent ces genoux La défroque de la peur
chaque jour qui pisse
vers la mort le détour CA GLISSE
Le geste hérité de "lui" Je détruirai la vie
"il" te le donne par pierre Si je détruis l’amour
et tu t’y noyes en cris Dans ce monde sans vie
et t’y tombes par terre Ou je meurs chaque jour
L'EPEE DU REGARD
Est-ce une sensation ou la réalité de mes yeux
Ce que je vois luire sur son visage brulant?...
Ce désir qui se tente aux regards des passants
Par la volupté de ce déhanchement talentueux!...
Cette arme des yeux qui blesse dans le ventre
Absorbe la souris par le chas de l'aiguille
Qui se plante se tortille du fil à ces méandres
Vipère faufilée entre les jambes des filles
Le plaisir qui tremble sur de la peau glisse
Comme une flèche à scier à travers le regard
Emotif par ces deux blocs de granit lisse
Et ce tranchant du feu de la plume à la main
Impulsive par le manche du poignard styl'O
Bille, qui fait des balles des mots styles!...
Pour ce passage à l'acte tendre
de l'épée meurtrière
VERS GLACES DU STYLO
L'âme mutilée de la terre ébahie
Pense ses blessures des efforts surhumains,
Rassis sur un noyau mourant de faim,
Trahissant la crainte, il reverdit...
En tenant l'espoir d'un jour à demain
Balaye la plinthe tu finiras par trouver
Ce LUI qui te fera renaître et ressuciter
Dans la substance juteuse d'une boule de pin
Mais à peine cete pensée flamba!
Que subitement il s'étendit en petits tas descendre
Tout doucement pour ramasser la cendre...
Non je n'ai pas beaucoup d'espérance
Vivre ou mourir pour qu'elle différence
A risquer
et le vent l'éparpilla
L'IN-ADAPTE CHRONIQUE
Dans la chair de l'écris je défigure
Le texte mental jusque sur mon corps
Depuis ma naissance je suis déjà mort
Je ne vis plus! j'existe l'écriture...
tel un élixir aphrodisiaque
de la pensée charnellisée
dans les vers de la syntaxe,
je ne vis plus je suis né...
Je suis né de
Ratures et crachats dans la peinture
Que je bave en dévorant le mental,
Je suis né gifflé à travers la figure
Que j'ai en déformant le verbe oral
Je suis l'abstraction du pain-total
Je ne vis plus j'existe l'écriture
Et la réalité concrête des mots râle
Que je triture en aimentant la sculpture
Est une abération du sens esthétique,
Celle d'une beauté "in" admissible...
Vivre pour moi, c'est jouir sans limite
de la dimension artistique.
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