Poèmes de "Sanglier Noir"

 

Maux Interdits Quelques mots, une pensée obscure. Le cri, le galop, la douceur si pure. Quelques rimes, obscure mémoire, La diphtongue intime, reine du désespoir. Quelques vers, non pour boire, La lie, se lie au travers, de la fiole des déboires. Quelques couplets, cruel automne, Dans ce carnet, aux chairs monotones. Quelques lignes, des gribouillis, La bave, presque l'oubli de cette bouillie. Un texte, fut un corps, Ses courbes, le début de mes remords. Presque lignes oratoires, ou prières, Presque pieu enfoncé, le genou dans la poussière, L' espérance est dans la plume, Hélas, la plume se lasse sous le bec de l'amertume. Alors, je rature, histrion de la blanche ombre, Mes souvenirs, soupirs en haillon de désirs plus sombres...


Trop tard Si tard, fut la première heure. Au coucher, perle le délire, De la soupirante lueur, Sans luth, ni lyre. Cithare, fut la première passion, L'ultime fut de lire, Les sanglots de cette partition, Jouée dans le crépuscule du désir. Blanches croches, ou noirs instruments, Des maux colorés de sentiments, Des mots, presque continents, Que fredonne la noirceur aux multes châtiments. Si tard, joue encore, De cette mélancolie de remords, Ou baignent mes mots Ou pleurent mes rimes sans écho...


Fatalité bucolique... Esclave de cette brune Aux étincelles de cristal, Je soupire, muet devant Dame lune, Le crépuscule s'essouffle, il décharge son arsenal. Une révérence, pour quitter cette encre de noirceur, Qui gribouille la sombre pensée, sa soeur. Cloué à cette conjugaison de l'erreur, Je trace la réalité de détresse, de peur. Il faudrait que l'ilote qui sommeille en moi, Disperse ces murs d'ébène Peut-être alors, s'illuminera la scène. La plume portera aux nues ces étoiles aux rimes d'émoi. Chaque nuit devient une larme, Le vide s'engoufre et désarme. Reste la lutte contre fatuité, Mais ces fers sont en fer. Aujourd'hui, ou hier encore, je paye les annuités. Un jour, nocturne perséphone, ton regard ne sera plus mon calvaire...


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